Régimes de soins de santé : tendances et pistes d’amélioration

Lundi 25 août 2014

Offrir un régime de soins de santé est un bon moyen de se démarquer des autres employeurs afin d’attirer de nouveaux talents et d’inciter ses employés actuels à conserver leur poste. Mais encore faut-il que la couverture offerte corresponde à ce que les gens recherchent. D’où l’importance de se questionner régulièrement sur le sujet et d’adapter son offre en conséquence.

Chaque année, Sanofi Canada réalise une étude d’envergure afin de prendre le pouls des Canadiens qui adhèrent à un régime de soins de santé financé par leur employeur et de sonder les employeurs offrant un tel régime. Les données ainsi recueillies sont toujours très attendues des assureurs, des courtiers et des gestionnaires de régime, qui s’en inspirent pour alimenter leurs réflexions et ajuster leur offre en fonction des tendances du marché. Au total, plus de 1 500 adhérents et 500 employeurs ont participé à l’édition 2014 du Sondage Sanofi Canada sur les soins de santé, dont les résultats ont été dévoilés en juin dernier. Voici un aperçu de ce que cette étude nous permet de constater.

Les évaluations ne tiennent pas toujours compte des objectifs du régime

Il existe plusieurs bonnes raisons d’offrir un régime de soins de santé à ses employés. Questionnés sur le sujet, 52 % des employeurs ont mentionné qu’ils le font principalement pour garder leurs employés productifs et en bonne santé. Cette réponse n’a rien d’étonnant, surtout lorsqu’on sait que le coût de l’absentéisme au Canada a été évalué à 16,6 milliards de dollars en 20121 . Mais ce qui est déconcertant, c’est de constater de quelle façon ces mêmes employeurs évaluent la performance de leur régime. Car même s’ils disent offrir ce dernier pour accroître la santé et la productivité au sein de leur entreprise, bon nombre d’entre eux continuent de se fier à l’évaluation financière ou à l’utilisation générale de leur régime pour déterminer si celui-ci est adéquat.

Un manque de données pertinentes

Pour savoir si un régime contribue à accroître la productivité et la santé au sein d’une entreprise, il est beaucoup plus utile d’examiner les causes de l’absentéisme et des réclamations d’assurance invalidité que les données financières. Toutefois, il semble que 60 % des employeurs n’effectuent aucun suivi formel de l’absentéisme au sein de leur entreprise. Il leur est donc impossible d’utiliser ce type de données pour évaluer leur régime. Et même parmi ceux qui gèrent les absences de façon formelle et qui possèdent ces données précieuses, peu collaborent malheureusement avec le fournisseur de leur régime pour pousser l’analyse plus loin afin de comprendre les causes de ces absences. Pourtant, cela pourrait leur permettre d’apporter des améliorations ciblées à leur régime.

Les discussions portent trop souvent sur le coût des régimes

Si les employeurs pouvaient mieux évaluer les pertes qu’engendre l’absentéisme pour leur entreprise, ils seraient certainement beaucoup plus enclins à investir davantage dans leur programme de mieux-être pour tenter de contrer ce fléau. Mais comme plusieurs ne disposent pas des données nécessaires, les discussions portent plus souvent sur le coût des régimes que sur les solutions pouvant améliorer la productivité des employés. C’est dommage, car en parlant toujours de réduction de coût, on en vient à considérer les régimes de soins de santé comme des biens de consommation. Et c’est ce qu’il faut éviter, car, pour reprendre les propos de Jon Fairest, PDG de Sanofi Canada : « Ceux qui conçoivent et gèrent des régimes de soins de santé comme un investissement plutôt qu’un coût récolteront les avantages de la diminution du taux d’absentéisme, de l’amélioration de la productivité et de la fidélisation de leurs employés, des facteurs qui contribuent au succès d’une entreprise ».

Une mauvaise compréhension des principes de base de l’assurance

Au cours des dernières années, de nombreux efforts ont été consacrés à l’éducation des adhérents sur la valeur en argent de leur régime de soins de santé. Cette excellente initiative a certainement permis d’inciter plusieurs d’entre eux à utiliser leur régime de façon plus responsable. Mais voilà qu’aujourd’hui, nous découvrons l’envers de la médaille. En effet, certains adhérents accordent maintenant une si grande importance à la valeur pécuniaire de leur régime qu’ils en viennent parfois à oublier qu’il s’agit avant tout d’une assurance qui les protège contre les dépenses imprévues. En d’autres mots, ils songent plus aux économies récurrentes qu’ils peuvent réaliser grâce à leur régime qu’aux avantages qu’ils pourraient en tirer en cas d’imprévu majeur. Le sondage a même fait ressortir que nombre d’adhérents, surtout ceux de la génération Y, voient leur régime comme un dû et non comme un privilège. Voilà qui prouve l’importance d’accroître les communications auprès des adhérents et de leur apprendre les principes de base de l’assurance. « Autrefois, la mission des communications consistait simplement à présenter ce qui était couvert et ce qui ne l’était pas. Mais maintenant, nous devons éduquer les employés et les faire participer davantage au processus décisionnel afin de réaffirmer l’importance de leur régime », a déclaré Nathalie Laporte, membre du Conseil consultatif du sondage et vice-présidente, Développement, Commercialisation et Stratégies, Assurance pour les groupes et les entreprises chez Desjardins Assurances.

Mieux-être : les employés réclament des soins préventifs personnalisés

En matière de mieux-être au travail, on remarque un écart important entre les attentes des adhérents et l’offre des employeurs. Les adhérents se montrent de plus en plus réceptifs aux initiatives leur permettant d’en apprendre plus sur leur santé personnelle. D’ailleurs, la très grande majorité d’entre eux affirment qu’ils participeraient à des programmes de dépistage (cancer, maladies du cœur, diabète, etc.) si ces tests étaient couverts par leur régime de soins de santé. Pourtant, quand on questionne les employeurs à ce sujet, à peine le tiers d’entre eux mentionne qu’il est probable qu’ils mettent ce type d’initiatives en place. S’ils souhaitent satisfaire les besoins de leurs employés et obtenir du succès avec leur programme de mieux-être, les employeurs ont intérêt à remplacer les approches générales du mieux-être par des interventions plus ciblées. En étant plus conscient de leur état de santé personnelle, il y a fort à parier que les employés seront plus motivés à se prendre en main et à participer à toute autre forme d’initiative en ce qui concerne la santé et le mieux-être.

Les fournisseurs de régimes doivent jouer un rôle plus important

Plusieurs assureurs ont déjà fait un grand pas pour soutenir les employeurs en matière de santé et de mieux-être en créant notamment du matériel éducatif et des outils en ligne destinés aux adhérents. Mais il semble que ce ne soit pas suffisant, car le sondage révèle que 79 % des employeurs souhaitent que les assureurs jouent un rôle encore plus important en ce qui a trait aux programmes de mieux-être. D’où l’importance de revoir les stratégies en place et de travailler davantage en équipe. « Les fournisseurs de régimes pourraient peut-être mieux communiquer les données permettant de déterminer les besoins et les préoccupations des employés afin d’établir un programme de mieux-être ciblé et harmonisé aux objectifs stratégiques de l’employeur », suggère Nathalie Laporte. La bonne nouvelle, c’est que les employeurs sont de plus en plus ouverts à l’idée d’obtenir de l’aide et des conseils. Il s’agit donc d’une belle occasion pour les fournisseurs de régimes de se démarquer et de créer des liens durables avec leurs clients. Vous souhaitez en savoir plus sur le Sondage Sanofi Canada sur les soins de santé? Visitez le site Web de Sanofi Canada Lien externe au site. S’ouvre dans une nouvelle fenêtre. ou consultez la version électronique du sondage (PDF, 4,41 Mo) S’ouvre dans une nouvelle fenêtre..

1 Conference Board du Canada, Quand les employés manquent à l’appel : l’absentéisme dans les organisations canadiennes, septembre 2013.