Moniteurs d’activité physique : effets potentiels sur votre programme de mieux-être et votre bénéfice net

Vendredi 22 avril 2016

Vous avez vu de tels appareils dans les médias. Vous les avez remarqués au poignet, au bras ou autour du cou d’un passant. Peut-être en possédez-vous un vous-même.

Selon une étude récente de la Consumer Electronics Association, les moniteurs d’activité physique connaissent la croissance la plus rapide parmi les divers produits électroniques au sein des ménages américains (11 % en 2015, par rapport à 6 % en 2014)1.

Faciles à porter, simples à utiliser et abordables, les moniteurs d’activité physique peuvent suivre une variété d’indicateurs de santé en temps réel : calories brûlées, nombre de pas, fréquence cardiaque, heures de sommeil, et bien plus encore. Ces données peuvent aider à établir des objectifs clairs, soutenir une approche santé proactive ainsi que fournir un rapport quotidien et précis des efforts et des progrès.

Intérêt des entreprises pour les moniteurs d’activité physique

Sans surprise, les entreprises qui investissent dans la santé de leurs employés ajoutent ce nouveau type d’appareil à leur boîte à outils de mieux-être. Ainsi, selon ABI Research, 13 millions de ces appareils ont été ou seront intégrés dans les programmes de mieux-être des entreprises de 2013 à 20182.

Bien que l’intérêt pour ces appareils soit grandissant, « le marché a toujours de nombreuses questions sur leur réelle utilité ainsi que sur la manière de les utiliser et de les intégrer », indique Paul Kostoff, PDG de MediResource Inc., une société de Toronto spécialisée dans l’association des contenus liés aux soins de santé, des technologies et des changements de comportement. D’après lui, c’est un peu le Far West dans ce marché.

Élimination des obstacles au mieux-être physique

De nombreuses entreprises doivent relever le défi d’intéresser leurs employés à leur programme de mieux-être physique. Le travail par quarts, le télétravail et les sites multiples sont souvent des obstacles à la participation aux activités offertes sur les lieux de travail.

En plus de ces contraintes logistiques, les barrières d’ordre personnel jouent aussi un rôle majeur selon Mira Jelic, vice-présidente Développement de produits et Service aux clients chez Novus Santé, une société de Toronto fournissant aux entreprises des solutions de navigation axées sur la santé et le mieux-être. Ces barrières sont souvent pratiques, comme le manque de temps et les soins à donner aux enfants, alors que d’autres sont physiques, comme des douleurs ou des contraintes physiques. De plus, certains n’accordent tout simplement pas de valeur à la forme physique.

Par conséquent, les programmes de mieux-être d’entreprise ne profitent qu’à un petit nombre d’employés très motivés.

Les moniteurs d’activité physique s’adaptent à tous, sans contrainte de lieu ou de conditions physiques.

Catalyseurs de la participation

L’intégration de ces appareils dans un programme de mieux-être allège les contraintes logistiques. Leur portabilité permet la surveillance de l’activité physique à l’extérieur du gym. De plus, selon Paul Kostoff, l’attrait de la technologie pousse les employés à vouloir les essayer et demander leur ajout à leur programme. « Ces appareils les motivent à participer à leur programme de mieux-être. Et c’est une très bonne chose. »

Ajout aux programmes de mieux-être

Paul Kostoff et d’autres experts conviennent que ces appareils doivent faire partie d’un programme de mieux-être intégré encourageant les changements de comportement. En gros, un tel programme pourrait comprendre une évaluation de la condition physique des employés, l’établissement d’objectifs pour chacun d’eux ainsi que l’offre d’un soutien en ligne et par téléphone pour intégrer l’exercice à leurs habitudes et le suivi des résultats.

Maintien de l’intérêt pour les programmes de santé et de mieux-être

Comme avec toutes les nouveautés technologiques, « l’un des défis clés est de maintenir l’intérêt des utilisateurs après qu’ils ont commencé à utiliser leur appareil », indique Paul Kostoff. Suivant les données que sa société a recueillies auprès de clients offrant des services à la majorité des employés canadiens assurés, environ 50 % des participants cessent d’utiliser leur moniteur après six mois. Le taux d’utilisation est élevé au cours du premier mois, mais on constate une baisse de 5 % à 10 % chaque mois par la suite.

Afin de soutenir l’intérêt à long terme pour un programme de santé et de mieux-être, Paul Kostoff recommande de changer régulièrement l’approche du programme de mise en forme sur mesure. Ainsi, pendant une période définie, l’accent peut être mis sur le moniteur d’activité, puis être déplacé vers des ateliers éducatifs, un défi de forme physique, etc. jusqu’à ce qu’il revienne au moniteur d’activité.

D’après Mira Jelic, on utilise souvent des incitatifs pour promouvoir un comportement. Ceux-ci peuvent prendre la forme de récompenses externes, comme de l’argent, des prix ou des points échangeables dans un programme de mieux-être, ou encore, de récompenses intrinsèques, comme le plaisir, l’amélioration de la qualité de vie et un niveau d’énergie plus élevé. Pour choisir les bons incitatifs, il faut bien connaître son groupe cible.

« Les incitatifs financiers sont importants », soutient LuAnn Heinen, vice-présidente chez National Business Group on Health, un organisme américain sans but lucratif qui représente de grands employeurs. Toutefois, ils n’assureront pas nécessairement l’intérêt à long terme pour les programmes de mise en forme. Les incitatifs intrinsèques tendent à avoir des effets plus durables3.

Collecte de données pouvant servir au programme de mieux-être

Les divers moniteurs d’activité physique offerts sur le marché permettent la collecte de toutes sortes de données sur les employés. Par exemple, certains appareils peuvent suivre la fréquence cardiaque pour évaluer les niveaux de stress au cours de la journée. D’autres suivent les déplacements sur les lieux de travail et permettent de mesurer le temps passé au poste de travail, en réunion ou dans d’autres endroits. D’autres, enfin, relèvent l’utilisation de la voix pour mesurer la participation dans des réunions.

Certains employés s’inquièteront du fait que les données recueillies pourraient nuire à leurs chances d’obtenir une promotion ou une augmentation, ou encore, entraîner une hausse de leurs primes d’assurance. Les employeurs doivent démontrer clairement que ces données seront anonymes et gardées en lieu sûr. Le maintien d’un « pare-feu » entre les dossiers du personnel et la technologie portable est essentiel au succès d’un programme de mieux-être.

Amélioration des interactions sociales et des liens

Dans les bureaux et ateliers, les moniteurs d’activité deviennent des « brise-glace » puisque les employés comparent leurs résultats avec ceux de leurs collègues et de leurs supérieurs. Ces interactions accrues suscitent aussi des compétitions amicales, et les collègues se félicitent mutuellement pour les efforts qu’ils consacrent à l’amélioration de leur santé. Les appareils de suivi renforcent ainsi l’esprit d’équipe.

Hausse de la productivité

Bien que le rendement du capital investi attribuable aux moniteurs d’activité physique reste encore à définir, il est indéniable que ceux-ci stimulent l’intérêt pour les programmes de mieux-être des entreprises. Suivant les données recueillies par la société de Paul Kostoff, les entreprises qui investissent intelligemment dans le mieux-être de leur personnel peuvent faire des économies considérables découlant de la réduction de l’absentéisme et du présentéisme. Par exemple, un employeur peut épargner tous les ans environ :

  • 1 800 $ par employé dont l’état de santé passe de « à risque élevé » à « à risque moyen »;
  • 3 000 $ par employé dont l’état de santé passe de « à risque élevé » à « à faible risque ».

Par ailleurs, un employé dont l’état passe de « à faible risque » à « à risque élevé » peut coûter jusqu’à 4 000 $ par année en absentéisme et en présentéisme.

Amélioration de la fidélité des employés

Une étude de 2014 d’Aon Hewitt a révélé que dans les entreprises offrant un environnement de travail plus sain, 59 % des employés cite ce dernier comme raison de leur fidélité, et 75 % déclarent qu’il leur donne une meilleure impression de leur employeur4.

D’après Paul Kostoff, si vous vous engagez à intégrer la santé dans votre culture d’entreprise et à en faire un suivi rigoureux, vous constaterez des progrès. Il s’agit de l’une des manières les plus visibles d’indiquer à vos employés que vous vous préoccupez d’eux.

RÉFÉRENCES

BRANDVIEW. Wearable fitness tracker market growing at a rapid rate. [en ligne] 13 mai 2015. [cité le 12 février 2016.] (en anglais seulement)

ABI RESERARCH. Corporate wellness is a 13 million unit wearable wireless device opportunity. [en ligne] 25 septembre 2013. [cité le 12 février 2016.] (en anglais seulement)

MARTIN, James A. 14 ways to improve corporate wellness programs with wearables. [en ligne] 5 octobre 2015. [cité le 12 février 2016.] (en anglais seulement)

AON HEWITT. The Consumer Health Mindset. [PDF] 2014. [cité le 12 février 2016.] (en anglais seulement)