La vaccination contre le zona

Vendredi, 21 octobre 2016

Le zona, aussi appelé herpès zoster, est causé par le même virus que la varicelle. Environ une personne sur trois au Canada, comme dans tous les pays industrialisés, développera un zona à un moment ou un autre de sa vie. Bien que l’incidence du zona augmente avec l’âge, la plupart des personnes qui en sont atteintes ont moins de 65 ans (60 %) et sont, selon toute probabilité, sur le marché du travail.

Au Canada, on estime à environ 130 000 le nombre de cas de zona par année, à 17 000 le nombre de cas de névralgie postherpétique (NPH, douleur nerveuse persistante sur la trajectoire des nerfs touchés) et à 20 le nombre de décès liés aux complications du zona. Cela se traduit aussi annuellement par 252 000 consultations chez le médecin et 2 000 hospitalisations1. Chaque année, le diagnostic et le traitement du zona et de ses complications coûtent 68 millions de dollars au système de soins de santé canadien2.

Coût des soins en 2005 : 68 M$

 

 

Nombre d’événements liés au Zona au Canada

 

 

 

Référence : BRISSON, M., J.M. PELLISSIER, S. CAMDEN et collab. « The potential cost-effectiveness of vaccination against herpes zoster and post-herpetic neuralgia », Hum. Vaccin., 2010, 4(3) : pp. 238-45.

Description

Chez une personne qui a eu la varicelle, le virus n’est jamais éliminé et peut rester latent pendant de nombreuses années, c’est-à-dire qu’il reste caché à l’intérieur des nerfs sensitifs de la moelle épinière sans causer de symptôme. Le virus peut cependant redevenir actif et causer une nouvelle éruption cutanée douloureuse lorsque le système immunitaire fonctionne moins bien. C’est ce qu’on appelle le zona. Plusieurs raisons peuvent expliquer une baisse de régime de notre système immunitaire :

  • Le vieillissement;
  • Les maladies chroniques comme le cancer et le sida;
  • La prise de médicaments qui affectent la fonction immunitaire, par exemple les immunosuppresseurs ou les modulateurs du système immunitaire;
  • Le stress;
  • La radiothérapie.

Symptômes

Le zona se caractérise par une éruption cutanée, des maux d’estomac, des maux de tête, de la fièvre et des frissons. Des symptômes précurseurs (démangeaison, engourdissement et dans certains cas, douleur intense) apparaissent souvent dans les jours qui précèdent l’éruption cutanée. Celle-ci s’accompagne d’une sensation de brûlure et de picotement produite par des vésicules rouges remplies de liquide.

L’éruption se manifeste le plus souvent sur le thorax, l’abdomen, le dos, les fesses ou la nuque et parfois le visage et le cuir chevelu et dure généralement de 7 à 10 jours, pour disparaître complètement après un mois. Cependant, si le système immunitaire est affaibli, l’éruption cutanée peut être plus grave, les lésions prennent plus de temps à guérir et peuvent laisser des cicatrices.

Une névralgie postherpétique, une des complications du zona, se produit dans 8 à 27 % des cas. Elle suit la trajectoire des nerfs touchés, là où le virus de l’herpès zoster est situé. Cette névralgie peut durer plusieurs semaines, mois ou années et peut même persister toute une vie.

Autres complications possibles

  • Atteinte du nerf optique : Le virus peut causer une infection ou une douleur oculaire déclenchée par l’exposition à la lumière. Si cette infection n’est pas traitée, le virus peut entraîner la cécité.
  • Atteinte de certains nerfs du visage : L’atteinte de certains nerfs du visage peut causer le syndrome de Ramsay Hunt. Ce syndrome entraîne une douleur aux oreilles, une paralysie du visage et une perte de l’ouïe et du goût qui sont, heureusement, passagères.

Impact sur les absences et la productivité au travail

La douleur associée au zona peut être très invalidante et nuire à la productivité au travail des personnes qui en sont atteintes, comme le démontre l’étude de Drolet et collab. parue en 20123. En effet, cette étude prospective, effectuée au Canada chez des sujets de 50 ans et plus atteints de zona, a démontré que 64 % d’entre eux s’étaient absentés de leur travail à cause de leur maladie. De plus, 76 % ont rapporté une diminution de leur productivité au travail (présentéisme) à cause de la névralgie associée à leur zona.

En moyenne, chaque employé touché s’est absenté 27 heures de son travail et a rapporté 34 heures de présentéisme.

Prévention

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, la vaccination contre le zona représente la meilleure protection contre cette maladie. Approuvé par Santé Canada en 2008, le Zostavax est le seul vaccin disponible pour contrer le zona. Il est destiné aux adultes de 50 ans et plus et vise à renforcer le système immunitaire, permettant ainsi de se protéger contre le zona. Une seule dose suffit. La protection conférée par le vaccin contre le zona demeure statistiquement importante pendant au moins 5 ans et les derniers résultats semblent indiquer une efficacité pouvant aller jusqu’à 7 ans1. Malgré son efficacité, certaines personnes ayant reçu le vaccin pourront tout de même développer un zona. Toutefois, chez les personnes vaccinées, les cas de zona sont moins douloureux et de plus courte durée.

Conclusion

Le zona a une incidence importante sur la qualité de vie et les activités journalières des Canadiens. Bien que la prévention soit de mise, peu d’entre eux ont reçu le vaccin contre le zona depuis sa mise en marché en 2008.

Le traitement du zona et de ses complications coûte plusieurs dizaines de millions de dollars par année à notre système de santé. De plus, les retombées négatives de cette maladie sur la productivité des individus au travail coûtent cher aux employeurs en jours d’absence et en présentéisme.

Références :

  1. AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA. Guide canadien d’immunisation, partie 4.
  2. BRISSON, M., J.M. PELLISSIER, S. CAMDEN, C. QUACH et P. DE WALS. « The potential cost-effectiveness of vaccination against herpes zoster and post-herpetic neuralgia », Hum. Vaccin., 2010, 4 : pp. 238-45.
  3. DROLET, M. et collab. « Employment related productivity loss associated with herpes zosterand postherpetic neuralgia: a 6-month prospective study », Vaccine, 2012.