Comment inciter vos employés à prendre leurs vacances et à en profiter

Mardi 24 janvier 2017

Vos employés ne prennent pas tous les congés payés auxquels ils ont droit?

Cette situation est courante. Selon un sondage réalisé par le site expedia.ca en 2015, nous prenons en moyenne 14 des 17,3 jours de congé qui nous sont accordés annuellement, ce qui se traduit par environ 31 millions de journées passées à travailler au lieu de relaxer1.

Les vacances sont pourtant essentielles à l’équilibre mental de la très grande majorité d’entre nous. Les recherches médicales démontrent que prendre des vacances régulièrement procure des bienfaits importants, notamment sur notre santé cardiovasculaire, notre niveau de stress, le risque de dépression et notre productivité2. N’oublions pas non plus tout le bien que peuvent nous apporter les bons moments passés avec notre famille et nos amis.

Le travail, c’est [pas tout à fait] la santé!

L’organisation du travail est la principale raison qui motive près du tiers des Canadiens (32 %) à ne pas prendre les vacances payées auxquelles ils ont droit. Les engagements financiers, comme le logement ou les dettes (29 %) arrivent en deuxième place, devant les conflits d’horaires personnels et familiaux (24 %). Plus d’un million de Canadiens n’ont pas pris de vacances depuis plus de 15 ans.

Pour les employeurs qui visent la productivité et la rentabilité à long terme, ce ne sont pas des statistiques très encourageantes. En effet, ils savent qu’inciter leurs employés à prendre leurs vacances est une façon économique de stimuler la productivité dans leur organisation.

Des employés frais et dispos réduisent le présentéisme, le roulement de personnel et, par le fait même, les coûts de recrutement, d’accueil et d’intégration. Malheureusement, ce ne sont pas tous les employeurs canadiens qui le voient de cet œil.

Culture de la performance et autres obstacles aux vacances

« Au cours des dix dernières années, j’ai pu constater que la vie professionnelle devenait de plus en plus intense », affirme Marie-Hélène Chèvrefils, présidente d’Evõ conseils, une firme-conseil montréalaise spécialisée en ressources humaines et en développement organisationnel. « On privilégie de plus en plus la performance à tout prix. »

« Cette culture de la performance, poursuit-elle, amène les employés à ne pas prendre leurs vacances afin de gagner le respect de leurs pairs et de démontrer leur attachement à leur entreprise, leur dévouement et leur professionnalisme. » Plus on monte les échelons dans la hiérarchie d’une organisation, plus ce comportement est répandu.

Mauvaise nouvelle : vous êtes irremplaçable

Il arrive que des employés refusent de partir en vacances quand il n’existe aucun mécanisme de redistribution de leur charge de travail pendant leur congé. Dans de tels cas, les employés doivent travailler l’équivalent de deux semaines en une seule avant leur départ pour clore leurs dossiers et doivent se préparer mentalement à répéter le processus pour régler les problèmes accumulés en leur absence et répondre aux innombrables courriels qui les attendront invariablement à leur retour. Pour ces gens, partir en vacances ne vaut pas toujours le coup.

Cinq comportements que peuvent adopter les gestionnaires pour inciter leurs employés à prendre des vacances et à en profiter

Bien que certaines situations extraordinaires peuvent aussi empêcher les gens de prendre leurs vacances payées (budget restreint, météo exécrable ou impossibilité de prendre congé en même temps que son conjoint), une organisation provacances s’efforce de permettre à ses employés de vraiment décrocher pendant quelque temps et ainsi de revenir reposés et débordants d’énergie. Voici cinq moyens que peuvent prendre ces organisations et leurs gestionnaires pour y arriver.

1) Adopter une politique provacances

Bien entendu, la haute direction doit croire fermement au bien-fondé de la politique provacances. Par l’accompagnement ou la formation, les cadres supérieurs peuvent être sensibilisés aux avantages personnels et organisationnels des vacances.

« Ce n’est plus qu’une simple question de fatigue, mentionne Mme Chèvrefils. Il s’agit plutôt de prendre un peu de recul par rapport à ce que l’on a accompli, de refaire nos réserves de créativité et de réfléchir à la façon dont on a géré les moments plus difficiles vécus dans l’entreprise. »

2) Montrer l’exemple

Lorsque Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a pris un congé de paternité de deux mois, il a envoyé « un message très clair et très fort aux travailleurs, les incitant à prendre des vacances et à changer la culture de l’entreprise », rappelle Mme Chèvrefils.

Les gestionnaires définissent les comportements culturellement acceptables et inacceptables au sein d’une entreprise et d’une équipe. Lorsque vous prenez des vacances et que vous n’avez pas peur de parler du bien qu’elles vous ont fait, vous motivez votre personnel à en faire autant.

3) Assurer le suivi de la planification des vacances

Informez-vous des projets de vacances des membres de votre équipe. Même s’il est vrai que certaines périodes de l’année ne sont pas idéales pour prendre congé, « ce n’est pas un bon moment » n’est pas une excuse valable. Assurez-vous que vos employés ont prévu de prendre des vacances.

Pour les périodes plus propices aux vacances, par exemple l’été, rencontrez votre équipe longtemps d’avance pour veiller à ce que les priorités de l’entreprise ne soient pas perdues de vue et que les activités de l’entreprise ne soient pas compromises. Qui remplacera la personne qui part en vacances? Qui sera responsable des livrables? Créez un plan d’action consensuel qui permettra aux employés de partir l’esprit en paix, sans mettre leur équipe dans l’embarras.

Certaines organisations peuvent se montrer réticentes à l’idée de remplacer temporairement un employé qui part en vacances. Cependant, ce congé peut être vu comme une occasion de « permettre à son remplaçant d’acquérir de nouvelles compétences », suggère Mme Chèvrefils. Ces nouvelles habiletés améliorent l’employabilité des remplaçants et leur offrent un nouveau défi professionnel, tandis que l’entreprise profite de la polyvalence accrue de ses employés.

4) Fixer des limites

En vacances, on ne travaille pas. Du tout. Pourtant, vous pourriez devoir communiquer avec un employé pendant ses vacances.

Entendez-vous sur les moments où ces communications seront effectuées. Même en cas d’urgence, efforcez-vous de minimiser l’interruption des vacances de vos employés.

5) Discuter des vacances

La direction doit promouvoir les bienfaits des périodes de repos. « Tout est une question de communication, précise Mme Chèvrefils. N’ayez pas peur de dire à vos employés que les vacances font du bien. Discutez avec eux des raisons qui les poussent à partir ou à refuser de le faire, avec pour objectif de les inciter, autant que possible, à profiter pleinement de leurs vacances. »

RÉFÉRENCES

1. Newswire.ca. Canadians leaving an average of 3 vacation days unused, according to Expedia.ca's 2016 "Vacation Deprivation" survey. October 19, 2016. [Cited 2017-01-23].

2. HEALTH NET INC. Road Trip! Health Net Points Out the Health Benefits of Vacations, [consulté le 2016-04-19].