L'épuisement professionnel : le reconnaître et y réagir

L'épuisement professionnel (ou burnout) ça vous dit quelque chose? Un jour ou l'autre, nous avons tous eu à composer avec ce mal contemporain lorsqu'un collègue, un conjoint ou un ami en ont souffert. Une fois rétablies, ces personnes font généralement le même commentaire : « Si j'avais su, j'aurais réagi avant. ».

On peut en effet prévenir ou réduire considérablement les méfaits de l'épuisement professionnel. Pour cela, il faut toutefois en connaître les symptômes et, lorsque c'est nécessaire, se prendre en main!

On ne rit plus!

Il faut d'abord établir certaines nuances. Une personne qui « file un mauvais coton », même durant quelques semaines, ne souffre pas d'épuisement professionnel pour autant. Il est normal d'être déprimé à l'occasion. Des événements comme un échec au travail, une séparation ou même un deuil sont bouleversants. Il faut prendre le temps de les vivre.

La dépression nerveuse et l'épuisement professionnel se distinguent de la simple déprime par leur intensité. L'épuisement professionnel entraîne la personne qui en souffre dans un état dépressif (tristesse) ou anxieux qui a un effet sur à peu près tout ce qu'elle vit au travail. Cet état perdure sans signe apparent de rétablissement durant de nombreuses semaines.

La perte de l'appétit ou du goût de pratiquer son passe-temps préféré, un sommeil perturbé et une humeur sombre sont des symptômes communs. Au travail, l'irritabilité de la personne atteinte est aussi un signe révélateur. Ses réactions sont habituellement disproportionnées par rapport aux événements. Dans certains cas, son anxiété peut même se manifester par des problèmes respiratoires, des crises de panique ou même de l'hyperventilation.

Obtenir de l'aide

La pire chose à faire dans un cas d'épuisement professionnel, c'est de ne rien faire! Lorsqu'on s'aperçoit que ça ne va plus, il faut réagir.

La première étape consiste à consulter un médecin. Il est qualifié pour évaluer l'état de santé des gens et pour déterminer les soins médicaux appropriés à leur situation. Dans certains cas, il recommandera les services d'un autre professionnel de la santé, comme un psychologue ou un psychiatre.

Par ailleurs, la plupart des grandes entreprises offrent un programme d'aide à leurs employés. Ceux-ci peuvent profiter de nombreuses heures gratuites de consultation téléphonique, accessible en tout temps et tout à fait confidentielle, avec un psychologue qualifié. Véritable bouée de sauvetage pour certains, ces programmes donnent un sens bien pratique à la notion de prévention.

Enfin, il arrive parfois qu'un collègue de travail glisse sans le réaliser vers l'épuisement professionnel. Évidemment, il peut en être tout autrement pour ses collègues, qui, eux, le voient dépérir ou, pis encore, subissent ses humeurs. Si la situation s'y prête, il est souhaitable de tendre la perche à cette personne, c'est-à-dire de lui parler et de lui demander « Comment vas-tu? ». Quelques mots suffiront peut-être à lui faire prendre conscience de son état.

Adaptation et travail

Quelle est la cause de l'épuisement professionnel? Du point de vue médical, il se définit comme un trouble d'adaptation avec une inhibition au travail. De cette définition savante, il faut retenir deux mots : adaptation et travail. Il y a quelque chose qui cloche, et ce quelque chose se manifeste au travail.

En fait, les causes de l'épuisement professionnel sont multiples : surcharge de travail, manque de reconnaissance, conflit avec un ou des collègues, etc. Chaque emploi comporte ses particularités et ses facteurs de stress. L'épuisement professionnel naît de l'incapacité d'une personne à s'adapter à un contexte difficile. Avec le temps, cette incapacité, persistante et parfois sournoise, mine ses forces.

Le tiers des invalidités

Mieux vaut se connaître pour prévenir l'épuisement professionnel. Certaines personnes ont une meilleure capacité que d'autres à composer avec l'adversité. Nous n'avons pas tous le même bagage génétique. La dépression nerveuse majeure, par exemple, est plus fréquente dans certaines familles que dans d'autres. De plus, un événement n'aura pas la même charge émotive s'il survient seul ou s'il s'additionne à d'autres situations (séparation, surmenage, conflit de personnalité au travail, etc.).

Parmi toutes les demandes de prestations d'invalidité que reçoit Desjardins Assurances – Ouvre une boîte d'aide durant une année, plus du tiers découlent de problèmes de santé mentale. En fait, les maladies mentales ont connu une croissance constante depuis le début des années 80. L'épuisement professionnel fait partie de ces maladies modernes.

(Nos remerciements au Dr Michel Brochu, psychiatre-conseil chez Desjardins Assurances, pour sa précieuse collaboration à la rédaction du présent article.)